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Le Marchand de Cauchemars

Il ment rarement de manière frontale. Il lui suffit de révéler juste assez de vérité pour que l’acheteur choisisse lui-même le prix le plus terrible.

The Witch Chronicles
NATURE intermédiaire entre les mondes
DOMAINE Les îles flottantes et les passages du Monde sublunaire
MARCHANDISES Objets maudits, rôles, itinéraires, Temps de l’Âme
POUVOIR PRINCIPAL la vision des désirs cachés et des porteurs appropriés

Il ment rarement de manière frontale. Il lui suffit de révéler juste assez de vérité pour que l’acheteur choisisse lui-même le prix le plus terrible.

Autres noms : petit vendeur de cauchemars, petit clown, antiquaire
Véritable nom : inconnu
Nature : entité liminale, marchand de malédictions et intermédiaire des métamorphoses
Maître présumé : les Ténèbres elles-mêmes
Lieu de résidence connu : les Îles Chancelantes
Outils principaux : objets maudits, clés, coffrets, craie portail, balles en argent et Temps de l’Âme
Niveau de dangerosité : extrêmement élevé
Caractéristique principale : ne semble jamais être le principal responsable de ce qui se passe

Description générale

Le Marchand de Cauchemars est l’une des entités les plus insaisissables et les plus dangereuses du monde de Chelsea.

À première vue, il ne semble être qu’un petit clown hideux : lubrique, grossier, avide de divertissements et volontiers grotesque. Il apparaît quelques minutes, propose un marché douteux, remet à l’héroïne l’objet dont elle a besoin, puis disparaît avant qu’elle ait compris ce qui vient réellement de se produire.

Pourtant, presque chacune de ses apparitions laisse derrière elle une trace capable de changer le destin d’un monde entier.

C’est précisément le Marchand de Cauchemars qui a retiré le masque des restes de Jester exécuté et l’a enfermé dans un coffret. Des siècles plus tard, il a remis ce coffret à Benjamin, a aidé le nouveau Jester à s’échapper de l’hôpital et a précipité sa transformation définitive.

Il a appris au futur Maître des Poupées à traverser la réalité, lui a expliqué la nature du Temps de l’Âme et l’a aidée à obtenir son propre portail entre les mondes.

Il a remis une clé spéciale au Gardien des Clés, lui permettant ainsi d’ouvrir la porte vers le Monde sublunaire.

Il vend des armes contre des créatures qu’il contribue lui-même à libérer.

Il prévient les héroïnes des catastrophes, mais ne les empêche presque jamais par ses propres moyens.

Le Marchand n’apparaît pas au centre de l’histoire, mais à sa lisière — précisément lorsqu’une personne a besoin d’un objet, d’un passage ou d’un savoir qu’elle devra payer plus tard.

Ce n’est pas un marchand d’objets

Le titre « Le Marchand de Cauchemars » ne signifie pas qu’il se contente de vendre des rêves effrayants.

Il vend la possibilité de transformer un cauchemar intérieur en réalité.

Ses marchandises ont rarement une valeur en soi. Ce n’est pas l’objet lui-même qui importe, mais ce à quoi il va relier son nouveau propriétaire.

La boîte de Benjamin n’était pas un simple jouet mécanique. Elle a relié un homme aux restes de Jester et a ouvert la voie vers une nouvelle réalité.

La craie-portail ne se contentait pas de dessiner des portes. Elle conduisait les gens vers des mondes où des rôles préparés à l’avance les attendaient déjà.

La clé du Monde sublunaire était inutile sans le Gardien des Clés.

La Maison des Poupées ne restait qu’un objet jusqu’à ce que les désirs humains la remplissent d’âmes.

Le vendeur ne crée pas les désirs et les peurs à partir de rien. Il les trouve au plus profond de l’être humain, leur donne une forme appropriée et permet à leur propriétaire de franchir lui-même la dernière étape.

C’est pourquoi ses transactions semblent presque toujours volontaires.

C’est l’homme lui-même qui achète la boîte.

C’est lui-même qui enfile le masque.

C’est lui-même qui franchit la porte peinte.

C’est lui-même qui accepte l’offre.

Le vendeur se contente de faire en sorte que l’objet nécessaire se trouve à portée de main au bon moment.

Apparence

Le Marchand de Cauchemars prend l'apparence d'un petit clown à la tête disproportionnée.

Son visage est recouvert de maquillage rouge ou blanc. Des taches vives sont visibles autour de ses yeux, et sa bouche est étirée en un sourire excessivement large, dévoilant une multitude de dents acérées.

Les cheveux ou les excroissances sur sa tête sont d’un vert intense et rappellent à la fois une perruque de clown, des langues de feu et des tentacules souples.

Il porte un vieux costume bigarré, assemblé à partir de pièces rouges, vertes et sombres. Parfois, ses vêtements paraissent vifs et presque festifs. À d’autres moments, le Marchand se montre sale, brûlé et semblable à une marionnette de théâtre revenue à la vie.

Son petit corps ne donne pas l’impression d’une menace sérieuse, et le Marchand exploite parfaitement cette faiblesse apparente. Les gens le regardent de haut et le prennent pour un monstre lubrique ou le serviteur insignifiant d’une entité plus puissante.

On ignore si cette apparence correspond à son véritable corps.

Cette apparence de clown n’est peut-être qu’un masque commercial commode, qui lui permet de se mêler aux humains sans révéler sa véritable nature. Mais il conserve ce même visage à travers les époques : l’image du clown possède donc pour lui une importance particulière.

Contrairement à Jester, qui était bel et bien un homme-clown, le Vendeur n’a probablement jamais été un artiste humain.

Pour Jester, l’image du clown est un vestige de son ancienne personnalité.

Pour le Vendeur, c’est un uniforme.

Âge et origines

Les véritables origines du Marchand de Cauchemars sont inconnues.

Il existait déjà en 1585, lorsqu’après l’exécution de Jester, il s’est présenté sur le lieu du bûcher et a récupéré son masque. Par conséquent, le Vendeur est nettement plus ancien que l’incarnation contemporaine de Jester et n’a pas été créé par son théâtre.

À une époque plus récente, il agit librement sur Terre, se retrouve dans un hôpital psychiatrique, se déplace entre les mondes et considère les Îles Chancelantes comme son foyer.

Il connaît les lois des mondes lunaire et sublunaire, comprend la nature de la transformation de l’âme et est capable de reconnaître les personnes susceptibles de donner naissance à de nouvelles entités.

Dans les dossiers de l’hôpital, il est décrit comme un patient d’une taille exceptionnellement petite, sans agressivité apparente. Il exige qu’on le conduise auprès de Jester ou qu’on remette à celui-ci le coffret qu’il prétend porter dans sa poche, alors que le personnel ne voit aucun objet.

Cela met en évidence une caractéristique importante du Vendeur : certains de ses objets peuvent exister en dehors de la perception matérielle habituelle.

Le fait qu’une personne ne voie pas la marchandise ne signifie pas pour autant que celle-ci n’existe pas.

Le masque de Jester exécuté

Après l’exécution publique de Jester en 1585, il ne resta de l’homme qu’un crâne calciné sous son masque.

La nuit, le Marchand de Cauchemars se rendit sur les lieux du bûcher, retira le masque et le plaça dans le coffret au petit diable. Il ne tenta ni de ressusciter Jester sur place ni de lui rendre un corps humain.

Au lieu de cela, le Vendeur a transformé les vestiges de sa personnalité en une malédiction transmissible.

C’est cet acte qui révèle le mieux sa véritable nature.

Il est capable de voir de la valeur là où les autres ne voient qu’un cadavre et des cendres.

Les souffrances de Jester, son humiliation, son amour de la scène, sa luxure, son attachement à Chelsea et sa terreur face à la foule sont devenus de la matière première. Le Vendeur a conservé tout cela non par compassion, mais parce qu’il était possible de créer quelque chose de bien plus puissant à partir d’une âme humaine brisée.

Il n’a pas sauvé Jester.

Il a investi en lui.

Benjamin et la boîte

Des siècles plus tard, le Vendeur apparaît devant Benjamin sous les traits d’un étrange antiquaire portant un masque de clown.

Il vend pour quinze centimes un coffret estimé à cent mille et répète sans cesse qu’il a « perdu son maître ».

Cette transaction n’avait manifestement aucun sens d’un point de vue économique.

Benjamin n’était pas un acheteur au sens habituel du terme. Il était le porteur élu.

Lorsque le masque apparaît et que les deux artefacts sont réunis, Benjamin commence à rêver de mondes qu’il crée lui-même, tandis que ses fantasmes secrets prennent corps. Puis le masque fusionne avec son visage, la peur de Nick imprègne le coffret et l’ancienne personnalité de Benjamin commence à se désagréger.

Le vendeur l'aide par la suite à s'échapper de l'hôpital.

Il participe ainsi à toutes les étapes essentielles de la métamorphose :

il remet le coffret ;

assure l’apparition du masque ;

permet à la malédiction de mûrir ;

libère le porteur de l'hôpital ;

l'aide à rejoindre le nouveau monde.

Pour autant, il n’est à aucun moment l’auteur direct du meurtre de Nick.

C’est la méthode habituelle du Marchand : il offre une possibilité, mais oblige la personne à accomplir elle-même l’acte qui scellera le marché.

L'hôpital psychiatrique

L’hôpital est devenu l’un des lieux clés de son activité.

On y retrouvait :

Benjamin, qui était déjà en train de se transformer en Jester ;

Marc, qui se faisait appeler le Gardien des Clés ;

la future Maîtresse des Poupées ;

le Marchand de Cauchemars lui-même.

Difficile de considérer cela comme une coïncidence.

Chacun d’entre eux possédait une qualité indispensable au futur système de passages :

Jester pouvait créer des fantasmes et des mondes.

Le Gardien des Clés pouvait ouvrir des portes.

La Maîtresse des Poupées pouvait transformer les âmes et les retenir dans sa propre demeure.

Le Marchand savait comment associer leurs capacités.

La future marionnettiste affirme sans détour que c’est lui qui lui a appris à traverser la réalité pour pénétrer dans le Monde sublunaire. Il lui a promis une maison de marionnettes de l’autre côté si elle aidait à libérer Jester et le Gardien des Clés.

Le Marchand ne se contentait pas de sauver ses compagnons.

Il rassemblait une équipe d’entités, dont chacune devait occuper sa propre place dans le système de passages entre les mondes.

Le Temps de l’Âme

Le Marchand de Cauchemars possède une connaissance rare du Temps de l’Âme.

Le Temps de l’Âme est un pouvoir particulier qui permet aux créatures des mondes lunaire et sublunaire de séjourner sur Terre. Il est tiré des expériences humaines, des désirs secrets, des peurs et de la participation aux jeux créés par les entités.

C’est précisément le Vendeur qui explique à la future Maîtresse des marionnettes que, sans ce pouvoir, sa matière restera liée au monde terrestre. Pour achever la transition, elle doit puiser le Temps de l’Âme dans les désirs de l’infirmière Ginger.

Il comprend non seulement comment extraire cette énergie, mais aussi son application pratique :

prolonger le séjour d’une entité sur Terre ;

le franchissement complet de la frontière entre les mondes ;

la consolidation d’une nouvelle forme ;

l’alimentation des portails ;

le maintien des domaines maudits.

On ignore si le Vendeur lui-même a besoin du Temps de l’Âme au même titre que les autres créatures, ou s’il se contente d’en disposer au nom de son maître.

Cependant, sa propension constante à conclure des pactes fondés sur la peur, la honte et les désirs érotiques laisse supposer que les expériences humaines constituent pour lui à la fois un plaisir et une ressource.

La luxure

Le Marchand de Cauchemars est extrêmement lubrique.

Contrairement à Jester, dont la luxure est liée à la théâtralité, à la passion amoureuse et au désir de retenir une femme en particulier, le Vendeur considère l’intimité comme un divertissement, une monnaie d’échange et un élément de la transaction.

Il peut échanger des objets dont l’héroïne a besoin contre une faveur sexuelle.

Il propose des balles d’argent, capables de protéger contre les créatures infernales, selon le principe suivant :

Une cartouche — pour une fois.

Lorsque l’héroïne est à court de craie portale, le Vendeur est prêt à en partager avec elle, mais exige immédiatement qu’elle le « divertisse ».

Pour autant, sa luxure ne fait pas de lui un simple animal.

Elle est ancrée dans sa philosophie commerciale.

Le Marchand apprécie particulièrement le moment où une femme forte ou fière se voit contrainte de lui demander de l’aide. Il savoure autant le renversement des rôles que le plaisir lui-même : quelques instants plus tôt, l’héroïne méprisait ce petit clown ; désormais, c’est lui qui possède la dernière balle, la clé ou le morceau de craie.

Cependant, il n’est pas dangereux parce qu’il recourt systématiquement à la force.

Le plus souvent, le Vendeur crée une situation dans laquelle le refus semble trop coûteux.

Il n’enlève pas le choix.

Il rend simplement l’une des options bien plus terrible que les autres.

La philosophie de la vente

Le vendeur exige rarement de l’argent ordinaire.

Pour lui, le prix en pièces n’a pratiquement aucun sens. Un coffret valant une petite fortune a été vendu pour quinze centimes, car la véritable contrepartie devait être la peur de Nick, le corps de Benjamin et la naissance d’un nouveau Jester.

Le véritable prix de ses marchandises peut résider dans :

la peur ;

le plaisir ;

l’humiliation ;

un service rendu ;

la libération d’une autre entité ;

l'ouverture d'un portail ;

la transformation humaine ;

une dette future ;

le changement du destin du monde entier.

C’est pourquoi l’acheteur comprend rarement la valeur totale au moment de la transaction.

Le Marchand tient souvent sa promesse au sens littéral. Il donne réellement une balle, de la craie, une clé ou un passage. Mais avec l’objet, la personne reçoit aussi des conséquences qu’elle n’avait jamais demandées.

Il respecte les conditions de la transaction.

Mais il ne respecte pas les gens.

Les portails et la morale

Le vendeur se déplace librement d’un monde à l’autre et est capable d’ouvrir des passages lumineux.

Il affirme qu'il rentre chez lui, aux Îles Chancelantes, et propose à l'héroïne de l'accompagner. Il la prévient toutefois que la destination où elle se retrouvera dépendra de sa morale.

Cela signifie que certains de ses portails n’ont pas de sortie unique et fixe.

Ils évaluent l'état d'une personne et la dirigent vers un espace correspondant aux choix qu'elle a faits.

Le vendeur ne se contente pas de connaître la géographie d’autres mondes.

Il comprend comment les qualités intérieures d’une personne se traduisent en direction de déplacement.

Pour lui, la morale n’est pas une catégorie philosophique. C’est une coordonnée.

C’est précisément pour cette raison qu’il observe attentivement les décisions de Chelsea et de Melissa. Leurs choix déterminent non seulement leur caractère, mais aussi les portes qui peuvent s’ouvrir devant elles.

Les Îles chancelantes

Le Vendeur considère les Îles chancelantes comme son foyer.

On en sait extrêmement peu à leur sujet. Leur nom même suggère un espace dépourvu de position stable : des îles se déplaçant entre les couches de la réalité ou dérivant au sein du monde lunaire.

C’est peut-être pour cette raison que le Vendeur s’y connaît si bien en matière de passages.

Pour un être dont le foyer n’est pas ancré en un seul endroit, se déplacer d’un monde à l’autre n’est pas une exception, mais un état naturel.

Les îles errantes peuvent également expliquer son absence de possession permanente.

Jester a son théâtre.

La Maîtresse des Poupées a une maison.

Le Gardien des Clés a ses portes.

Le Marchand n’est pas lié à un seul bâtiment. Sa demeure voyage avec le système des mondes, et lui-même apparaît là où se profile une affaire lucrative.

Le Seigneur des Ténèbres

Le Vendeur mentionne à plusieurs reprises son propre maître.

Il dit avoir cherché la jeune fille issue des cauchemars du Seigneur des Ténèbres. Dans une autre conversation, il explique que son maître n’a pas besoin de bouffons déments comme concurrents.

Cela permet de lier son service précisément au Seigneur des Ténèbres, bien que la nature de cette subordination reste inconnue.

Le vendeur pourrait être :

un serviteur du Seigneur des Ténèbres ;

son agent ;

un fournisseur d’entités rares ;

un espion ;

un collecteur de désirs humains ;

un intermédiaire jouissant d’une certaine liberté.

Il accomplit clairement des missions, mais ne donne pas l’impression d’être un esclave sans volonté.

Le vendeur est capable de se lasser de ses missions, de rechercher ses propres plaisirs, de conclure ses propres affaires et même d’aider les gens, si cela ne va pas à l’encontre des intérêts de son maître.

La jeune fille issue des cauchemars du Seigneur des Ténèbres revêt une importance particulière.

Le Vendeur la recherche dans différents mondes et demande qu’on asperge d’un liquide spécial une femme qui ne fait que ressembler à l’image recherchée. Cela montre qu’il sait reconnaître les visages récurrents et les reflets d’une même personnalité dans différentes réalités.

Pour lui, un être humain peut avoir de la valeur non seulement en soi, mais aussi en tant que reflet possible du rêve d’autrui.

Parité entre les mondes

Le vendeur n’est pas intéressé par la destruction totale de la Terre.

Il explique qu’il existe certaines parités entre les mondes. Si un monde se transforme en un bordel fantomatique incontrôlable, les changements affecteront également les autres espaces.

C’est précisément pour cette raison qu’il aide à empêcher la concrétisation totale des fantasmes de Jester. Non pas par compassion pour les humains, mais parce que l’expansion du théâtre rompra l’équilibre et créera un concurrent à son maître.

Cela rend le Vendeur bien plus intéressant qu’un méchant ordinaire.

Il est capable d’aider l’héroïne à lutter contre une menace redoutable, tout en restant une entité totalement amorale.

Son camp n’est ni le bien ni le mal.

Son camp, c’est l’ordre qui lui est profitable.

S’il faut libérer le monstre pour préserver l’équilibre, il le libérera.

S’il faut affaiblir un ancien allié, il indiquera sans hésiter à l’héroïne comment s’y prendre.

Il vend ses services aux deux camps, mais veille à ce qu’aucun d’entre eux n’acquière trop de pouvoir.

Relations avec Jester

Le lien qui unit le Marchand et Jester est bien plus profond qu’une simple alliance.

Le Marchand :

a récupéré le masque après l’exécution ;

en a fait le fondement de la malédiction ;

a retrouvé Benjamin ;

lui a remis le coffret ;

l'a aidé à s'enfuir ;

a facilité son passage dans le Monde sublunaire ;

a ensuite tenté de limiter la concrétisation des fantasmes de Jester.

Le Vendeur est à la fois le créateur du Jester moderne, son sauveur, son intermédiaire et son surveillant.

Il perçoit probablement Jester comme un projet réussi, mais dangereux.

Tant que le théâtre est source de peur, de désirs et de nouvelles transitions, Jester est utile.

Mais s’il tente d’engloutir le monde terrestre et de rompre l’équilibre, le Vendeur est prêt à venir en aide à ses adversaires.

Il n’éprouve aucune loyauté humaine envers Jester.

Pour lui, Jester est une marchandise très précieuse à qui l’on a laissé croire qu’il était devenu le maître de la boutique.

Relations avec la Maîtresse des Poupées

La future Maîtresse des Poupées devient l’un des élèves les plus doués du Vendeur.

Il ne la transforme pas de ses propres mains. Au lieu de cela, il lui montre la voie, lui explique la nécessité du Temps de l’Âme et lui propose un marché :

Elle aide à libérer Jester et le Gardien des Clés ;

il l’aide à passer complètement dans l’autre monde et à acquérir son propre domaine.

Après l’incendie de l’hôpital, elle franchit la porte et se transforme conformément à la forme de son âme. Elle reçoit ensuite la Maison des Poupées, un portail qu’elle peut peupler de nouvelles âmes.

Il s’agit moins d’une aide fortuite que d’une véritable nomination.

Le Marchand a trouvé une personne dont les désirs convenaient à sa fonction, l’a aidée à renoncer définitivement à la vie humaine et l’a placée à la tête de l’un des passages entre les mondes.

Il ne se contente pas de vendre des objets.

Il crée de nouveaux maîtres pour les lieux maudits.

Relations avec le Gardien des Clés

Le Vendeur détient les clés, mais n’assume pas lui-même la fonction du Gardien des Clés.

C’est lui qui, pendant l’incendie, remet à Marc la clé du Monde sublunaire. Après quoi, le Gardien des Clés ouvre la porte par laquelle les autres passent.

C’est là que se manifeste le principe général du Vendeur.

Il accomplit rarement tout le travail par ses propres moyens.

Le Vendeur trouve la personne la mieux adaptée à une action précise, lui remet l’outil nécessaire et obtient le résultat souhaité.

La clé peut appartenir au Vendeur.

Mais c’est au Gardien de la Clé de la tourner.

Chelsea et Melissa

Pour le Vendeur, les sœurs sont à la fois des clientes, des proies et un facteur d’instabilité.

Il peut insulter Chelsea, lui proposer des marchés obscènes et tenter de l’entraîner dans le cirque. À un autre moment, il lui fournit des armes, de la craie ou les informations nécessaires pour sauver Melissa.

Lorsque Chelsea exige qu’on lui rende sa sœur, le Vendeur lui apprend que Melissa se trouve chez Jester Vert, lui lance la craie portail et disparaît. En apparence, il lui vient en aide. Mais ce sont précisément lui et ses alliés qui, auparavant, avaient envoyé à plusieurs reprises des invitations et qui, au final, avaient glissé la craie à Melissa elle-même.

La question reste donc posée : le Vendeur a-t-il vraiment, par bêtise, indiqué le chemin à Chelsea, ou voulait-il dès le départ qu’elle se rende au chapiteau ?

Chelsea le considère comme un petit bon à rien et trop bête, puisqu’il l’aide involontairement à rejoindre sa sœur.

Mais pour une entité qui, depuis des siècles, relie les gens, les malédictions et les mondes, une telle erreur semble étrangement opportune.

Peut-être le Vendeur devient-il parfois imprudent, sous l’emprise de la luxure et de l’arrogance.

Ou peut-être que Chelsea est arrivée exactement là où on la menait.

Comportement

Le Vendeur est grossier, moqueur et délibérément désagréable.

Il ne cherche pas à se donner l’air d’un démon majestueux. Il peut jurer, glousser, marchander pour des broutilles et se comporter comme un monstre de cirque lubrique.

Ce comportement remplit plusieurs fonctions à la fois.

Premièrement, il dissimule son intelligence.

Deuxièmement, il pousse son interlocuteur à sous-estimer la menace.

Troisièmement, il transforme une transaction métaphysique majeure en une scène presque banale.

Il est plus facile pour un être humain d’accepter un morceau de craie des mains d’un clown répugnant que de conclure un contrat officiel avec une entité ancestrale. Mais les conséquences restent tout aussi réelles.

Le vendeur sait dire la vérité de manière à ce qu’elle ressemble à une moquerie.

Et il sait présenter une menace de manière à ce qu’on la prenne pour une plaisanterie.

Capacités

Déplacement entre les mondes

Le Vendeur est capable d’ouvrir des portails, de disparaître sans laisser de trace et de passer librement entre la Terre, le Monde lunaire et le Monde sublunaire.

Manipulation d’objets maudits

Il sait trouver, modifier, conserver et transmettre des artefacts capables de relier les gens à d’autres réalités.

Création de supports

Le Marchand identifie les personnes dont les désirs et les blessures font d’elles des supports appropriés pour les malédictions.

Connaissance du Temps de l’Âme

Il comprend comment extraire et utiliser l'énergie des expériences humaines.

Vision des désirs et des cauchemars

Le vendeur sait débusquer les désirs secrets des gens et s’en servir comme matière première pour une transaction ou une transformation.

Camouflage d'objets

Certains de ses produits peuvent rester invisibles ou exister en dehors de l'espace matériel habituel.

Navigation morale

Ses portails sont capables de diriger les voyageurs vers différents lieux en fonction de leurs décisions et de leur état d’esprit.

Disparition

Il peut quitter un lieu sans se déplacer de manière conventionnelle, sans laisser de traces ni d’empreintes.

Médiation entre les entités

Le Marchand est capable de réunir des personnes, des artefacts et des créatures qui, sans lui, ne se seraient jamais rencontrés.

Limites

Le Marchand est très puissant, mais il n’agit pas en tant que souverain absolu.

Il préfère les intermédiaires et les accords à la violence directe. Il est possible que certaines transformations nécessitent une action volontaire de la part de la personne elle-même.

Benjamin devait mettre un masque.

La future Maîtresse des Poupées devait gagner du temps pour l’âme.

Le Gardien des Clés devait ouvrir la porte.

Chelsea devait elle-même utiliser la craie.

Ce n’est peut-être pas simplement une habitude, mais une limite à son pouvoir. Le Vendeur est capable de préparer le chemin, mais c’est à celui dont le destin doit être changé de faire le dernier pas.

Il est également lié aux intérêts de son maître et à l’équilibre entre les mondes.

Enfin, sa convoitise est une véritable faiblesse. Le désir d’obtenir un plaisir immédiat pousse parfois le Vendeur à négocier à un prix trop bas, à révéler des informations utiles ou à laisser l’héroïne s’approcher plus près qu’il ne le faudrait.

Mais il est dangereux de compter sur cette faiblesse.

Il se peut même que ses échecs soient depuis longtemps pris en compte dans le prix de la transaction.

Que veut-il ?

Le Marchand de Cauchemars ne cherche pas à régner personnellement sur la Terre.

Il a tout intérêt à ce que le monde soit peuplé de peurs, de désirs, de malédictions et de portes closes. Un tel monde ne cesse de générer de nouveaux acheteurs.

Il souhaite :

maintenir la circulation entre les mondes ;

maintenir un équilibre profitable ;

trouver des vecteurs appropriés ;

créer de nouvelles malédictions ;

accumuler le temps des âmes ;

accomplir les missions du Seigneur des Ténèbres ;

prendre du plaisir ;

ne laisser aucune entité prendre complètement le contrôle du système.

Si Jester concrétise tous ses fantasmes et transforme la Terre en son propre théâtre, le commerce prendra fin. Tout appartiendra à un seul maître.

Ce n’est pas dans l’intérêt du Marchand.

Il n’a pas besoin de la fin du monde.

Ce dont il a besoin, c’est d’un marché infini des faiblesses humaines.

Liens et signification

Le Marchand de Cauchemars incarne la tentation sous la forme d’une transaction.

Jester transforme la vie en spectacle.

La Maîtresse des Poupées transforme l’homme en jouet.

Le Gardien des Clés ouvre les portes.

Le Shogot embrouille les passages.

Le Marchand décide à qui donner un masque, à qui une clé, à qui de la craie, et qui doit rencontrer la créature de l’autre côté.

Il n’est pas l’être le plus puissant du monde de Chelsea.

Mais c’est lui qui est capable de placer les créatures les plus puissantes là où elles doivent être.

Sa dangerosité réside dans le fait qu’il n’occupe pas le devant de la scène. Quand Jester apparaît, toute l’attention se porte sur lui. Quand la Maison des Poupées s’anime, les gens ont peur de sa maîtresse. Quand la porte s’ouvre, tous les regards se tournent vers le Gardien des Clés.

Presque personne ne se souvient du petit clown qui les a présentés l’un à l’autre.

C’est justement ce qui lui convient le mieux.